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Accueil > Météo agricole > Eté 2020 : sécuriser la récolte face aux épisodes de sécheresse

Alors que la sécheresse menace le quart nord-est de la France, une gestion efficiente des ressources en eau sur les exploitations agricoles est essentielle. 
Quelles sont les grandes tendances climatiques prévues cet été ? Comment prendre les bonnes décisions pour irriguer

Les grandes tendances climatiques prévues pour l’été 2020

Décryptage avec Serge Zaka, docteur en agro-climatologie au sein d’ITK, administrateur pour Infoclimat et chasseur d’orage.

Une douceur persistante

La France vient de terminer son 13ème mois d’excédent thermique positif d’affilée : un record !

Du 1er janvier au 30 juin 2020, la température moyenne nationale est de 12,5°C soit une anomalie de +1.8°C. Ce premier semestre 2020 est le plus chaud jamais enregistré en France.

Les prévisions de Météo-France et du ministère de la Transition Ecologique

En 2019, des canicules historiques avec des dégâts importants sur la végétation avaient été observées en 2019. 

Dans ce contexte, le ministère de la Transition Ecologique a, cette année, voulu anticiper la sécheresse en 2020, avec la publication d’un rapport identifiant les zones à risque

Ainsi, 53 départements étaient placés en “risque possible à très probable” de sécheresse pour l’été 2020, pour la plupart dans le quart sud-est de la France.

Que s’est-il passé depuis ?

Cette carte se basait sur des “données mesurées au niveau national durant le mois d’avril” (débits des rivières, recharge des nappes, humidité des sols, quantité de pluie tombé) couplées aux prévisions météorologiques saisonnières fournies par Météo-France.

“Les prévisions saisonnières sont des prévisions dites probabilistes, qui permettent de dégager de grandes tendances à l’échelle d’une zone géographique”, précise Serge Zaka.

Début mai, lors de l’étude du ministère de la Transition Ecologique, les prévisions saisonnières tablaient sur un mois de juin plus chaud et plus sec que les normes. Plus généralement, c’est tout l’été qui était prévu comme “plus chaud que la normale”.

Mais un important revirement a été observé fin mai.

Sous l’influence de plusieurs dépressions, associées à des gouttes froides d’altitude, le temps a été très instable début juin, notamment sur le sud. En conséquence, les précipitations ont finalement été excédentaires sur les ¾ du pays !

Une situation peu courante a par ailleurs été constatée : ces sont les villes du nord de la France qui ont été les plus ensoleillées durant le printemps. C’est en partie pour cela qu’une sécheresse s’installe sur le quart nord-est de la France contrairement au sud-ouest qui est plus épargné.

En juin, les excédents de pluie les plus importants concernent l’ouest du pays (notamment la Bretagne) et encore plus un quart sud-est, du Massif central à la Corse en passant par la région PACA. 

En marge de la dépression Nadine, un épisode exceptionnel a même été observé près de Cévennes avec jusqu’à 456 mm à Vialas (soit quatre fois la norme de juin en quelques heures).

Le nord de la France est quant à lui resté au sec avec une sécheresse persistante.

Niveau température, le mois de juin a été légèrement excédentaire avec seulement +0.2°C par rapport aux normes, loin de l’excédent estimé début mai par les prévisions saisonnières.

Il s’agit de justesse du 13ème mois consécutif plus chaud que la normale. Une série inédite pour notre pays. L’ancien record était de 10 mois de septembre 2006 à juin 2007.

Quelques sont les conséquences et les nouvelles prévisions ?

Le spectre d’une sécheresse semble s’éloigner dans le sud-ouest de la France (du moins à court terme). Celui-ci reste très présent sur le quart nord-est ainsi que de la Normandie à la Belgique et dans la vallée du Rhône.

Les nouvelles prévisions saisonnières sont persistantes pour un couple juillet / août légèrement plus chaud et plus sec que les normes dans le sud.

Ce début juillet semble confirmer ces nouvelles prévisions saisonnières. Le temps est très sec sur la France cette première quinzaine et un risque caniculaire se profile pour la deuxième quinzaine de juillet. La sécheresse va donc devenir critique sur les régions déjà concernées. Elle risque aussi de s’installer progressivement de la Bretagne au Sud-Est, conclut Serge Zaka.

Dans ces conditions climatiques inhabituelles et hétérogènes, les prises de décisions sont d’autant plus difficiles pour l’agriculteur. Le pilotage de l’irrigation est alors stratégique.

Faciliter la prise de décision en période d’irrigation

Romain Vallée, agronome, chargé affaires sud-est chez Weenat explique l’importance d’une vraie stratégie d’irrigation pour sécuriser la récolte :

“Le pilotage de l’irrigation se complexifie lorsque la météo devient incertaine. Par temps changeant, l’état de surface du sol est souvent trompeur : humide ou trop sec ? Les sondes tensiométriques Weenat permettent de connaitre précisément l’état de l’eau dans le sol à différentes profondeurs. Avec les données de ces capteurs, il est possible de d’évaluer l’effet d’une pluie ou d’une irrigation sur la réserve et la disponibilité en eau du sol”.

Weenat accompagne les agriculteurs dans la gestion des ressources en eau grâce à des sondes tensiométriques connectées, mobiles et sans fil, reliées à une application.

Installés au plus près des cultures, les capteurs mesurent la disponibilité en eau et la température du sol à différentes profondeurs.

Les données ultra-locales, précises et en temps réel, permettent à l’agriculteur de gérer les réserves d’eau de manière fine et de décider s’il est opportun de commencer ou d’arrêter l’irrigation.

Adaptés à tout type de cultures, les capteurs capteurs Weenat sont aussi compatibles avec les principaux outils d’aide à la décision du marché : Irrinov® et Irré-Lis® (maïs et pommes de terre), ou encore Vintel®, un modèle de suivi hydrique sur vigne.

Anthony Oboussier, producteur d’abricots, de pêches et de nectarines dans la Drôme est utilisateur des solutions Weenat depuis 2 ans :

“Nous avons installé des tensiomètres parce que nous avons plusieurs textures de sol très différentes sur l’exploitation : du gravier très filtrant qui va laisser passer facilement l’eau et un sol plus limoneux. Trois paires de sondes sont installées sur les parcelles, avec à chaque fois une sonde à 30 cm et une autre à 60 cm. Le but est de connaître le besoin hydrique du sol et de la plante à un instant précis. Avec l’application, c’est pratique, on a juste à se connecter sur le téléphone pour piloter l’irrigation à distance.”

Au-delà des bénéfices techniques et environnementaux, la bonne gestion de l’irrigation représente un intérêt économique certain pour l’agriculteur : des économies d’eau et d’énergie, bien sûr.

Mais aussi une meilleure rentabilité

Certains fruits comme les pommes, poires, pêches et nectarines ont en effet besoin d’une irrigation précise pour atteindre un calibre homogène. Le sésame pour des débouchés auprès de la grande distribution, plus rémunérateurs.

Et vous, utilisez-vous des outils de pilotage de l’irrigation ? Quelles sont les stratégies que vous avez mis en place pour optimiser vos apports en eau ?

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